la Colline inspirée

la Colline inspirée

jeudi 15 décembre 2016

" Jeune homme, taisez-vous ! "





"Jeune homme, taisez-vous !" 
(… simple ressouvenir des Burgraves de Victor Hugo, où l’interpellé est octogénaire, et l’interpellant… beaucoup plus âgé.)

La mythologie grecque connaissait les Hécatonchires, sympathiques géants dotés de cent mains, et l’on regrette que cette heureuse race ait disparu lorsqu’on envisage avec effroi la somme de tâches à accomplir simultanément que vient de nous imposer, dès nos vacances d’été, l’impétueuse rage des archéologues alisiens dont vous avez pu lire le premier manifeste dans le blog précédent.

Le premier… Eh ! oui. Car un second suivit, sous forme de déluge, d’avalanche ou de cataracte ; enrichi d’une pétition nationale, d’un appel international à tout ce que le monde pouvait compter de personnalités scientifiques disposées à rejoindre l’insurrection : allait-on tolérer qu’en ces temps de noire misère on aille gaspiller les maigres picaillons publics en les octroyant à des amateurs indignes, archéologues auto-proclamés, ignorants même du sens dans lequel il fallait tenir la petite cuiller avec laquelle EUX savaient creuser le sol et qui, suprême outrage, soutenaient une autre Alésia que la leur ! Envoi du texte, interminable, signé de 25 archéologues – auxquels il faut ajouter les 80 autres qui firent sonner leurs titres et leur indignation dans des commentaires d’une rare violence – à 52 Élus : comme dirait le quidam : heureusement que c’est le CNRS qui paye les timbres !

Il s’enrichit entre temps d’une Lettre ouverte, due au Professeur J.-P. Jacob, venu voir le site, et dont on subodore tout de suite l’objectivité en lisant sa formulation d’entrée : «J'ai été tenté de ne pas y aller tant j'étais choqué par le ton polémique et outrancier de leurs interventions dans les médias. Cependant, afin de ne pas les conforter dans le confortable statut de"victime de la science officielle", je me suis rendu à Chaux des Crotenay et, sous la conduite de plusieurs membres de l'association dont A. Berthier, j'ai visité les lieux. Je n'ai vu que murgers et murets de parcellaires indatables.» La lecture du manifeste montre déjà que, pour le ton «outrancier», les Alisiens se défendent fort bien ! Et quant aux murets agricoles, dans lesquels le Professeur ne voit aucun habitat mais relève seulement un tesson de céramique dite campanienne, on peut supposer que ses souvenirs l’ont trahi, vu l’amalgame entre les vestiges du camp Nord, à Crans, et le mur cyclopéen de l’oppidum, à Chaux. Dans ces cas-là, on a intérêt à ne pas se singulariser trop vite…

Nous étions occupés à répondre au premier manifeste, déjà copieux, quand la seconde averse nous tomba sur les épaules, entraînant l’inconvénient supplémentaire de voir les textes se télescoper et les arguments s’entrelacer malignement. Jusque-là, les Élus étaient les seuls destinataires. Mais la rafale atteignit le grand public avec la pétition (sur change.org) signée par 753 lecteurs – probablement davantage depuis ma dernière visite –  et les journaux, le Bien Public, l’Est-Républicain, entrèrent dans la danse, avec une lettre de Philippe Barral, de tout temps partisan d’Alise qui, déjà en 1992, refusait de se déplacer dans le Jura pour voir «une bande de farfelus» ; puis un article de Fred Jimenez qui suintait à tel point l’animosité contre la thèse jurassienne qu’il entraîna une double demande de droit de réponse de la part de l’association Archéojurasites et de moi-même soutenue par notre Amicale du Cercle Alésia – 52.

«L’union fait la force»... La thèse Berthier, et surtout M. Berthier lui-même, étant attaqués avec virulence, la moindre des choses était que s’emploient à le défendre ceux qui ont la garde de ses archives et des artefacts issus de ses recherches, et celle à qui il confia en 2000 et même bien avant, la sauvegarde et la promotion de ses travaux. L’Est-Républicain publia sur quelques lignes les deux pages que comptait chaque «droit de réponse», et sous une forme tout aussi venimeuse que l’article. On connaît depuis longtemps Fred Jimenez, il reste égal à lui-même.

Répondre à des pages et des pages de perfidies, où un seul mot de votre plume est commenté par deux pages de considérations savantissimes qui submergent votre malheureux «homme de Cro-Magnon», humoristique, sous les glaciations du Jura et les ères de la Préhistoire, en le faisant balayer par ses collègues, prédécesseurs ou successeurs, du Paléolithique Supérieur, Inférieur et même Moyen (en plus exact : de l’Épipaléolithique-Mésolithique) ; où l’on vous accuse très sérieusement de croire aux Cyclopes parce que vous avez eu l’imprudence de parler de «murs cyclopéens»… Bref : que de temps et d’énergie perdus !

Pareil recours à la Quintescience de l’Humain Sçavoir a toutes chances de passer bien au-dessus de la tête de ceux qui auront eu la patience de boire jusqu’à la lie ce flot d’érudition. N’empêche, il nous faut bien répondre… même si c’est usant ; et tout aussi vain puisque EUX ne liront sûrement pas plus notre réponse qu’ils n’ont apporté d’attention à nos objections contre Alise. Et puis, il faut bien démontrer que le colosse a des pieds d’argile à ceux qui se laissent éblouir par les rayons de ses nobles tempes.

Aussi adresserons-nous aux Élus, aux archéologues et à la Presse un contre-manifeste commun, Archéojurasites, François Chambon et le Cercle Alésia -52. Nous comptons le diffuser largement sur les réseaux sociaux, même s’il n’est pas tout à fait ce que j’en voulais, et vous inviterons à le faire de votre côté, car notre meilleure réponse au blocage officiel est l’information des foules, sur une grande échelle.

Cela explique, je l’espère, mon silence de trois mois sur ce blog. Oh ! pour parler, je parlais, mais ailleurs et autrement.

J’avais dû subir, en avant-première, l’attaque d’un jeune (d’où le titre de ce écrit) agrégé d’histoire, doctorant en archéologie qui, sur son site internet Strathistorique me prenait déjà violemment à partie, et surtout avec une inqualifiable grossièreté. Sans doute est-on trop bien élevé, dans la sphère des Lettres… mais j’avoue avoir été prise d’effarement devant ce que se permet un blanc-bec, même agrégé d’histoire. On sait bien qu’aujourd’hui toutes les barrières sont tombées et les bonnes manières abolies. Néanmoins, il reste ou devrait rester le respect qu’on se doit à soi-même et aux titres qu’on a voulu se  donner. Quand on perd toute dignité jusqu’à pouvoir écrire : «bordel, comment peut-on être aussi con ?», ou qu’on ose qualifier l’œuvre de ses devanciers de «cinquante ans de travaux globalement merdiques», il est certain qu’on déconsidère aussi bien ses arguments que leur auteur.

Je tiens à remercier tout de même Clément Salviani pour l’épithète originale dont il me décore et que j’ignorais jusqu’à présent : «délobée». Ce qui m’évitera la tentation de léguer mon cerveau à la Science.

Il va de soi que je répondis, sur un registre convenable. Rien n’en parut dans les commentaires de son blog, tous ses lecteurs se déclarant enthousiasmés de voir enfin dénoncée la fumisterie jurassienne et pourfendus ses défenseurs. J’incriminai d’abord mes lacunes en informatique. Mais plusieurs amis, dont mon avocat, tentèrent l’insertion de ma réponse, sans résultat. Toutefois, les arrogants petits coqs ne se méfient pas de leur propre jactance : C. Salviani se vanta, en effet, sur Twitter, de ne pas avoir validé les commentaires des partisans du Jura ! C’est ce qui s’appelle se prendre à son propre piège.

Belle honnêteté, au surplus, de ne publier que les compliments…

Vous n’aurez pas «droit» à son texte, dont il vous est loisible de prendre connaissance directement sur internet («Strathistorique : la Troisième bataille d’Alésia»). Mais vous vous en formerez une idée au travers de ma réponse reproduite ci-dessous. Je ne peux laisser croire, en effet, que j’ai dirigé des fouilles dans le Jura en 1983, ou gaspillé des subventions publiques. Le mensonge pur et simple est un acte grave, C. Salviani pourrait bien l’apprendre à ses dépens.

Je confiai à Me Dominique Sauret le soin de contacter le petit jeune homme. À peine reçue sa lettre qui, très officiellement, lui donnait l’injonction de publier ma réponse dans les «commentaires» de son blog sous peine de poursuites judiciaires, il s’exécutait ! Courageux, mais pas téméraire…

Réponse sur internet à «TROISIÈME BATAILLE D’ALÉSIA»
site : STRATHISTORIQUE, auteur Clément Salviani.

Injonction de Me Sauret :

«En vertu du droit de réponse de Madame Danielle Porte mise en cause dans mon article, son avocate, Me Dominique Sauret, m’enjoint de faire paraître le texte suivant :

La controverse sur Alésia, d’accord. Encore faut-il qu’elle soit exposée avec politesse et honnêteté, ce qui n’est pas le cas.

Pour répondre aux allégations de Monsieur Salviani : 

Jamais je n’ai organisé de fouilles clandestines, surtout en 1983, que ce soit du vivant d'André Berthier ou après sa mort, n’étant pas archéologue.

Jamais je n’ai reçu d’argent public pour l’association que je présidais, laquelle n’a jamais sollicité de quelconque subvention. Je n’ai donc pas fondé d’association « pour drainer des fonds publics ».

Jamais je n’ai fait expertiser les objets du fonds Berthier, lequel est sous la garde de l’Association Archéojurasites et auquel je n’ai pas accès. L’affirmation « étude du mobilier faite et payée par le CNRS » est une diffamation et un mensonge. Les tessons du fonds Berthier n’ont pas été ramassés au hasard de « prospections pédestres », mais sortis de terre lors des sondages autorisés au camp Nord.

Jamais n’ai-je sollicité de « permis officiel des services régionaux de l’archéologie », et  n’ai-je pu, donc, être interdite de fouilles, que, du reste, j’aurais été bien en peine de diriger.

Jamais n’y a-t-il eu de prospections en forme sur l’oppidum. Toutes les recherches de quelque importance ont été concentrées sur le camp Nord et sur la plaine. Les explorations sur l’oppidum sont des repérages de vestiges en surface.

Jamais Franck Ferrand n’a parlé à la radio de l'ouvrage Alésia, la Supercherie dévoilée qu’il avait préfacé, respectant ainsi « l’éthique et la déontologie journalistique »  et ne tirant donc aucun «substantiel profit » d’une promotion qui n’a pas existé.

* André Berthier, loin d’être « archéologue auto-proclamé », a fouillé Tiddis de 1940 à 1973, publié la somme de ses recherches sous forme d’un volume de 496 pages en 2000. L’avaient précédé 62 articles sur ses fouilles en Afrique du Nord, 7 livres dont 2 couronnés par l’Académie, 11 autres articles. Nous sommes loin de  « trois trous jamais publiés ». 

* Passons sur la forme insultante de la phrase : « Danielle Porte ne publie pas ses données, ni celles de Berthier : parce qu’elle sait qu’elle devra affronter la critique face à la qualité globalement merdique de 50 ans d’un travail ni fait ni à faire». J’ai publié à ce jour 5 ouvrages sur la question d’Alésia : Alésia, citadelle jurassienne, 215 pages (2000), l’Imposture Alésia, 296 pages (2004), l’Imposture Alésia 2 : l’imaginaire de l’archéologie,520 pages + 277 ill. (2010), Vercingétorix, 528 pages (2013), Alésia, la Supercherie dévoilée, 426 pages (2014). Le livre sur Chaux est à paraître en 2017. En comptant les articles, j’en suis à 2046 pages. Que serait-ce alors, si je publiais ! Aucune critique n’a jamais attaqué ces ouvrages, à croire que les Alisiens n’ont jamais lu ce que nous écrivions… ce qui est, hélas, le cas.

Les qualificatifs de « délobés », d’« idiots » et de « charlatans » sont insultants, d’autant qu’ils proviennent de la plume d’un « chercheur » qui ignore tout des écrits qu’il critique et qui croit encore aux Séquanes de l’Ouest inventés par Jérôme Carcopino ; qui se fonde uniquement sur l’archéologie pour déterminer la localisation d’un site historique en méprisant le texte de César, alors que  l’étude des textes par les historiens et les latinistes/hellénistes permet seule de fournir les éléments d’une recherche objective des critères que doit impérativement présenter ou ne pas présenter le site recherché ; qui se garde bien d’aborder l’archéologie d’Alise-Ste-Reine, entièrement fausse et faussée, des tours aux pièges et aux fossés, en passant par les chiffrages, les périmètres ou les surfaces, les dispositions de camps, les artefacts, les monnaies, les péripéties du siège, etc.

Si l’on veut prendre connaissance de mes autres remarques sur cet article de ce blog, on pourra consulter le mien : 
janua52.blogspot.com,  dans les prochains jours. 
Danielle Porte».

L’honneur est sauf !  Espérons qu’il aura compris la leçon…

Et comme annoncé ci-dessus, je publie l’intégralité des observations que j’avais communiquées à C. Salviani. Elles excédaient les limites d’un commentaire, mais peuvent figurer sur un blog, à l’usage des «mordus d’Alésia», qui suivent la question de près. Si, du reste, ces derniers souhaitent m’envoyer leurs propres remarques, ils sont les bienvenus.


Ma réponse complète :

«On a peine à croire qu’un agrégé d’histoire et thésard qui plus est, commette autant de fautes d’orthographe et de français, indépendamment d’un langage tiré des poubelles sur lequel mieux vaut ne pas épiloguer.
           
On se demande s’il vaut la peine d’argumenter avec quelqu’un qui n’entend pas d’autre voix que celle de Michel Reddé, considère tous ceux qui ne se rangent pas du côté des défenseurs d’Alise comme des «pseudo-historiens» qui exercent une «nuisance… sur le savoir commun» ; bref, avec un adepte de la pensée unique. Un Staline de l’histoire, en quelque sorte.
           
Donc, nous n’argumenterons pas sur la sacro-sainteté de l’hypothèse Alésia-Alise, mais garderons, bien sûr, en adeptes de la liberté, surtout celle de penser et d’écrire, nos convictions sur l’hypothèse d’une Alésia jurassienne ; fondée, quoi qu’en dise C. Salviani, sur tous les critères possibles, même et surtout ceux qu’il se garde bien d’aborder faute d’avoir lu ce que nous en disions : les incompatibilités militaires par rapport aux précisions données par César ; lesquelles ne servaient en rien sa fameuse recherche de la «gloire» qu’on nous ressert régulièrement au lieu d’examiner son texte. Un texte qui n’était aucunement une resucée de manuels rapportant les travaux d’Alexandre le Grand (???) mais décrivait par le menu un ensemble de constructions qui constituaient, selon les Anciens (Velléius, II, 47, 2) une innovation, ainsi qu’une réalisation unique dans l’histoire.

Toutefois, les calomnies et les mensonges dont regorge le texte intitulé  la Troisième bataille d’Alésia demandent à être commentés et rectifiés : il y va de l’honneur d’André Berthier, de Franck Ferrand et de moi-même.

1. mensonges

* «Pour autant, depuis les années 60, un petit groupe d’irréductibles s’obstine à affirmer haut et fort qu’Alésia n’est pas où elle est, mais bien tout à fait ailleurs, ceux-là, disciples d’un archiviste auto-proclamé archéologue nommé André Berthier, avancent qu’il n’y a rien à Alise Sainte Reine qui permette de conclure».

* «Berthier, pas archéologue pour deux sous…»

* «André Berthier, archéologue amateur autoproclamé (il était archiviste, il a juste profité de la guerre d’Algérie pour faire trois trous jamais publiés à Tiddis)…»

            Réponse :

- André Berthier a tout de même dégagé la ville de Tiddis de 1940 à 1973, après la fouille de plusieurs basiliques paléochrétiennes (1933).
           
- Il fut nommé Conservateur du musée Gustave Mercier de Constantine en 1932 ; Directeur de la Circonscription archéologique de Constantine en 1932, Conservateur en chef des Archives Nationales à Paris en 1973 ; Correspondant de l’Institut, (Académie des Inscriptions et Belles Lettres) au siège du chanoine Drioton, égyptologue, le 15 décembre 1961.

- Je ne sache pas que le gouvernement français eût confié des chantiers de fouilles, la conservation d’un musée et admis à l’Institut un «archéologue auto-proclamé» qui n’aurait à son actif que trois trous dans le désert !… Surtout trois trous étalés sur trente-trois ans.
           
- André Berthier a publié 62 articles sur ses fouilles en Afrique romaine, ainsi que 7 livres, dont deux couronnés par l’Académie, et 11 articles sur divers sujets d’archéologie. 
La somme de ses recherches sur «Tiddis cité antique de Numidie», 496 pages + très nombreuses illustrations, est paru chez de Boccard. l’année de sa mort (2000).
            Donc, il écrivait, puis publiait. Et même beaucoup.

*** ***

* «Pourtant depuis la mort de Berthier en 2000, Danielle Porte, MCF en littérature latine à Paris IV maintenant à la retraite, spécialiste de la religion romaine (et pas vraiment d’archéologie militaire), a repris le flambeau de son maître à penser. Arguant toujours d’un complot universitaire, elle se sert d’une association et d’un entourage de fidèles pour promouvoir ses thèses.
Parmi les amis de cette association, on retrouve notre cher journaliste pseudo-historien Franck Ferrand.
Pour elle, Chaux est Alésia, il n’y a rien à Alise, et l’archéologie, c’est n’importe quoi tant que c’est pas elle qui la fait. En gros. Se drapant dans une fierté déplacée, elle affirme qu’on lui interdit de fouiller à Chaux des Crotenay de peur qu’elle y trouve des choses qui prouveraient que le Mont Auxois c’est du flan. C’est faux, et c’est vrai. On lui interdit bel et bien de fouiller avec un permis officiel des services régionaux de l’archéologie. Mais c’est surtout pour éviter qu’elle massacre son propre site car son équipe n’est pas composée d’archéologues. Depuis 83 pourtant, même sans permis de fouilles, Danielle Porte a tenté de mener des recherches. Une prospection pédestre (on parcourt le territoire en ramassant au sol les nombreux tessons de céramique remontés par les labours, l’érosion, etc.) avec étude du mobilier faite et payée par le CNRS a révélé que le site n’était… pas de l’époque de César. »

            Réponse :

«pas vraiment d’archéologie militaire» :
- Ne confondons pas, c’est ce que l’auteur fait tout le long, histoire et archéologie ! Parlons plutôt d’«histoire militaire», l’archéologie n’étant pas sélective, puisqu’on ne sait pas d’avance ce que l’on va découvrir.

- L’archéologie est une science à laquelle je me garde bien de toucher, quoique ayant participé aux travaux de terrain dirigés par André Berthier, et pouvant exhiber comme trouvailles, outre pas mal de clous, un piège à taupe XVIIIe et un petit aigle de bronze, ornement de pendule Louis XVI, fort utiles pour identifier Alésia.

- L’étude de la langue latine (philologie) n’est qu’une branche des Lettres classiques, et l’étude de la civilisation en est une autre, qui en dépend étroitement et à laquelle conduit l’étude des textes dont elle constitue le principal intérêt, qu’il soit psychologique, religieux, économique, sociétal, militaire, historique voire gastronomique, etc.

- L’histoire militaire de Rome, fut mon choix pour la question accompagnant le Diplôme, en 1967. C’est une branche ouverte à tous les chercheurs qui s’y intéressent, pas seulement aux historiens, a fortiori aux archéologues.

- Que je sache, M. Reddé est agrégé de Lettres classiques, comme moi : cela ne l’a pas empêché de se consacrer à l’archéologie.

- Et mieux vaut aborder l’étude d’un épisode historique en ayant compris le texte qui le relate que partir à l’aventure et soutenir des hypothèses branlantes parce qu’on n’a pas saisi les subtilités d’un texte.

«complot universitaire» :
- Pour se borner au plus récent : voir le manifeste envoyé à tous les Élus et tous les journaux début août 2016, rédigé par François Favory et co-signé par 21 archéologues bourguignons et franc-comtois, destiné à adjurer les pouvoirs publics de ne pas financer les recherches des Jurassiens ! Le complot existe donc bel et bien.

- Outre que le procédé est d’une folle élégance, la démarche est complètement ridicule puisque aucune demande de subvention n’a été déposée, nos activités s’étant bornées à la confection de l’exposition à Château-Chalon, et au dégagement des « grosses pierres ».  De fouilles, jamais n’en a-t-il existé depuis pas mal d’années, en ce qui concerne les groupes dont je m’occupais. 
Si des recherches sont envisagées, c’est par le biais  du L.I.D.A.R., procédé qui permet l’archéologie non-intrusive, donc laisse le sol intact.

«pseudo-historien Franck Ferrand» :
- Quand M. Salviani en saura autant, dans autant de domaines, que Franck Ferrand et s’exprimera aussi correctement qu’il le fait, je lui concéderai le droit de dénigrer les cerveaux exceptionnels.

«On lui interdit bel et bien de fouiller avec un permis officiel des services régionaux de l’archéologie» :
- Là, pour employer le langage de M. Salviani, j’hallucine !
Quand, pourquoi, où, auprès de qui, sur quelle lubie, au nom de quelles compétences ai-je jamais demandé un permis de fouilles ? Avec quelle équipe, quels moyens autres que la cuiller à soupe et le piquet de tente des années 1970 me mêlerais-je de fouiller ?

Il faut se renseigner avant d’accuser, jeune homme ! Un coup de téléphone à la DRAC vous remettra bien vite les idées en place.

«Depuis 83 pourtant, même sans permis de fouilles, Danielle Porte a tenté de mener des recherches» :
- Je considère cette affirmation comme un mensonge pur et simple.

- Bien qu’adepte de la thèse Alésia-Jura depuis 1977, je me serais difficilement permis de «mener des recherches» à l’insu de M. Berthier, qui devait présider l’association A.L.E.S.I.A. durant 17 ans encore, jusqu’à sa mort, en 2000. Dans ces années-là, retenue par des obligations familiales, je passais en tout et pour tout trois jours par an sur le site. À plus forte raison n’allais-je pas diriger des fouilles, même clandestines ! J’arpentais le terrain, en vue de reconnaître et de cartographier les vestiges militaires et cultuels, en la seule compagnie de Mme Nicole Gérard, qui s’offre à en témoigner.
           
- Si André Berthier s’est consacré à l’étude des structures cultuelles proto-historiques, c’est parce qu’on lui interdisait les fouilles. Auparavant, la gendarmerie veillait à ce que les périmètres de sondages autorisés fussent respectés. Photo fait foi.

«étude du mobilier faite et payée par le CNRS» :
Confusion totale, encore, et affirmations mensongères !
- Les tessons qui constituent le «fonds Berthier» ont été sortis de terre lors des sondages dûment autorisés au camp Nord, et ne sont aucunement des fragments de céramiques récoltés au sol après avoir été «remontés par les labours».

- L’analyse a été pratiquée par trois experts bourguignons, indépendamment du CNRS.

- Elle avait été diligentée par l’association Archéojurasites qui assure la garde des objets "Berthier", sans aucun rapport avec l’association qu’a présidée Danielle Porte, «l’Alésia-André-Berthier» ou ABCédaj (de 2005 à 2012), ni avec l’Amicale «Cercle Alésia -52» qu’elle a créée depuis.

- Danielle Porte n’a jamais eu accès aux objets depuis la mort d’A. Berthier.

- Au contraire, l’équipe de Danielle Porte a toujours considéré cette expertise comme aventureuse, et catastrophique dans le rapport remis à Archéo-jurasites : aucun examen des armes, considérées d’emblée comme des outils agricoles ; aucune photo justifiant les résultats énoncés ; des analyses de la clef romaine contredisant les anciennes évaluations, dont celles fournies par trois musées de la Clef français et italiens ; la datation des tessons comme «médiévaux» en contradiction avec les estimations de Christophe Méloche, chef de chantier dans l’équipe Berthier avant de rejoindre la DRAC : de son temps, la céramique était «antique à 95%» ; ignorant, enfin, la présence d’une douzaine de monnaies de l’Empire romain.

- Ladite expertise a été assumée entièrement par l’association Archéojurasites, aucunement par le CNRS.

***   ***

* «dépenser des budgets de recherche précieux pour faire plaisir à Danielle Porte, c’est inutile»

* «Il n’est pas concevable de faire de la recherche en refusant de laisser ses travaux être livrés à un examen minutieux par ses pairs…,»

* «… Et c’est pour ça que Danielle Porte ne publie pas ses données, ni celles de Berthier : parce qu’elle sait qu’elle devra affronter la critique face à la qualité globalement merdique de 50 ans d’un travail ni fait ni à faire.»

            Réponse :

«Danielle Porte ne publie pas ses données, ni celles de Berthier» :
- À ce jour sont parus : 5 volumes sur la question d’Alésia
            *Alésia, Citadelle jurassienne, la Colline où soufflait l’Esprit, Yens-  sur-Morge, Cabédita, 2000, 215 pages ;
              * l’Imposture Alésia, Chatou, Carnot, 2004, 296 pages
      * l’Imposture Alésia 2 : l’Imaginaire de l’archéologie, B.o.D., Paris, 2010, 520 pages, 277 ill. ;
              * Vercingétorix, Paris, Ellipses, 2013, 528 pages   
              * dir. d’ouvrage : Alésia, la supercherie dévoilée, Paris, Flammarion /Pygmalion, 2014, 426 pages
            - Est en préparation : un second volume collectif sur Chaux.

            - Quelques articles :
            * En marge de la Guerre des Gaules : le Bellum Sequanicum de Varron d’Atax dans Latomus, Bruxelles, 59, 2, 2000, p.276-288
            * Alésia : foyer et métropole religieuse de toute la Celtique, dans colloque «Alésia», Paris, Instit. Catholique, 6. 2. 1998, Paris, Fremig, 2001, p.29-58
            * César n’était pas à Alésia, dans Science & Inexpliqué, 28, 2012, 28-31
            * Alésia en question dans Sciences & Foi, (colloque du CESHE, Reims, 8 nov. 2014), 114, 1, 2015, 16-30 ;
            À paraître : les Coupables errances d’un moine : Éric d’Auxerre et Alésia.
            Cela sans compter la rédaction du bulletin annuel de l’A.L.E.S.I.A. jusqu’en 2005, de Quid Noui pour l’AAB., et de l’Ephemeris du Cercle Alésia – 52 depuis

            Si 2046 pages publiées sur Alésia ne sont rien…                    alors…

- Pour ce qui concerne les travaux d’André Berthier, on dispose, outre ses rapports officiels déposés à la DRAC, du recueil qui les reprend :
            * Bilan de 20 années de recherches archéologiques sur le site jurassien présumé d’Alésia, 1963-1983 (= Annales d’Alésia), 1984 ;

            - de divers articles :
            * Une découverte qui change tout, dans Dossiers de l’Histoire, 38, 1982, p. 12-17 ;
            * l’Alésia officielle, dans Dossiers de l’Histoire, 38, 1982, 100-121 ;
            * la Recherche d’Alésia, au congrès Soc. savantes à Dijon, 1984 ;
            * la Méthode du portrait-robot dans la recher-che d’Alésia, 1984 ;
            * Scepticisme devant Alise, mémoire adressé à Jérôme Carcopino (1966 ; 1993).

            - d’un livre résumé de sa thèse : Alésia, écrit en collaboration avec l’Abbé André Wartelle, Nouvelles éditions latines, 1990.

- André Berthier supervisa d’autre part les écrits de ses disciples et collaborateurs : Jean-Yves Guillaumin, Abbé Guy Villette, Général C. Blanc, Général Villard, Major Bernard Gay, Danielle Porte ;
ainsi que les livres d’Antoinette Brenet, les Escargots de la Muluccha, 1996 ;  de René Potier, le Génie militaire de Vercingétorix et le mythe Alise-Alésia, Volcans, Clermont-Ferrand, 1973 ; et de Jacques Berger, Alésia, Chaux-des-Crotenay, pourquoi ?, Yvelineséditions, 2004.
           
- Le bulletin annuel de l’association A.L.E.S.I.A. fournissait d’autre part le résumé des travaux, l’actualité de la question et des articles de fond sur la thèse, dont les articles d’archéologie technique dus à Ch. Méloche.

            On voit que la documentation ne manque pas sur l’Alésia d’André Berthier. Encore faut-il, à défaut de la lire, savoir qu’elle existe ! Mais la bibliographie de C. Salviani, pourtant chercheur, se borne à 4 ouvrages, tous de Michel Reddé, 2 rapports de fouilles, même auteur, augmentés d’un article de Maurice Sartre, même école.
           
- Ce qui manqua, ce furent les éditeurs ainsi que les revues officielles, tous frileux au seul nom d’Alésia ; les moyens (ni ordinateurs ni photocopieuses n’étaient en usage à l’époque, la photographie était  rare, chère et en noir et blanc), les moyens financiers aussi… Il est déloyal de dénigrer des publications faites avec les moyens du bord, quelques dizaines d’années en arrière, en face des luxueuses éditions d’aujourd’hui : l’album de photos intitulé Alésia, l’archéologie face à l’imaginaire (M. Reddé) a bénéficié de plusieurs subventions  nationales.
           
- Si le reproche touchant l’absence de publications concerne la campagne effectuée par  L.I.D.A.R., la réponse est bien simple : les opérations ne furent possibles qu’au camp Nord et sur la plaine de Syam, celles qui étudieront l’oppidum sont en passe d’être réalisées et seront publiées dans le second collectif qui traitera Chaux. Des démonstrations sur application technique et résultats ont été présentées lors de diverses conférences assurées par Franck Ferrand, Danielle Porte et François Chambon depuis 2011 et affichées à l’exposition «Et si César avait dit vrai ?» à Château-Chalons, d’avril à fin octobre 2016.

- En tout état de cause, il était difficile «à Danielle Porte» de publier «ses travaux et ceux d’André Berthier» sur le L.I.D.A.R., d’abord parce que ce type de recherche échappe totalement à sa compétence et que la transcription a été réalisée par François Chambon, architecte D.P.L.G. (Lyon), sur les clichés établis par Renato Saleri, chercheur du CNRS, illustrant un thème d’études conçu au sein du laboratoire MAP’ARIA de l’École Nationale d’Architecture de Lyon, qui consistait à explorer  les applications du L.I.D.A.R. à diverses disciplines dont la prospection archéologique ;

- ensuite et surtout, parce que ces travaux furent effectués dix ans après la mort d’André Berthier.

- Pour ce qui est du refus de laisser ses travaux être livrés à un examen minutieux par ses pairs, (quel français !) on peut remarquer que les Alisiens donnent l’exemple en ne répondant jamais aux objections qui condamnent Alise. Témoin le débat de Beaune, le 14.6.2012, où Jean-Louis Voisin se contenta de critiquer l’hypothèse de Chaux soutenue par Danielle Porte et François Chambon, sans répondre à une seule des objections touchant Alise, dont la liste lui avait pourtant été envoyée à l’avance. Pas un mot sur l’exactitude des travaux césariens :
- la place du camp Nord en bas du Réa, là où César le situe en haut ;
- l’absence de structures proto-historiques et de vocation religieuse ;
- la présence de centaines de monnaies de la coalition dans le fossé intérieur (= celui de la contrevallation, resté inaccessible aux coalisés ;
- le mélange d’armes mérovingiennes ou de l’époque de Hallstatt dénoncé depuis le début des fouilles ;
- le mouvement tournant de Vercassivellaun impossible à réinstaller de façon plausible  autour du mont Réa ;
- l’escalade des abrupts située à la montagne de Flavigny (sud) en contradiction avec ce que dit César, qui la place au nord, etc.
            En revanche furent examinés tous les arguments publiés à l’encontre de Chaux.

- Tout cela n’est pas de l’archéologie mais de l’histoire, et constitue le dossier inébranlable de la recherche sur Alésia. Creuser au hasard, sans texte, c’est se condamner à chercher Alésia en Bretagne ou dans les Pyrénées, tout aussi bien. Et rejeter ce texte dès que les fouilles ne s’accordent pas avec lui, c’est céder à une bien triste facilité et prendre – a fortiori faire prendre aux autres – des vessies pour des lanternes. Pis encore, biaiser toute recherche de vérité historique.
           
    Privée de toute rigueur, ouverte à toutes les interprétations, la recherche, telle que cet archéologue l’entend, consiste à battre la campagne sans guide et les yeux bandés. 
On  pressent où elle le mène. À Alise, oui ; pas à Alésia.

- Laissons à C. Salviani la responsabilité de l’appréciation «la qualité globalement merdique de 50 ans d’un travail ni fait ni à faire».
Lorsque auront été fournies des réponses honnêtes et recevables aux points soulevés par les adversaires d’Alise aussi scrupuleusement que ces derniers les ont relevés dans les rapports de fouilles - où l’on avoue que rien ne correspond à César mais pourtant qu’on est bien à Alésia - nous verrons à faire cas de ce jugement irréfléchi.

            Souhaitons seulement que la thèse de M. Salviani ne soit pas aussi «merdique» que la qualité de son texte le laisse redouter.

*** ***

* «Chaux ne ressemble déjà à aucun autre oppidum de la fin de l’époque celtique (et les prospections ont bien révélé qu’il n’en était pas un)»

            Réponse :

- Des prospections sur l’oppidum ??? Quand donc ? Les seules investigations ont porté sur le camp Nord (Crans) et quelques points de la plaine (Syam). L’oppidum est resté intact de sondages et de fouilles. Hormis l’écrêtement d’un tumulus au Champ des Mottes et une fenêtre d’investigation ouverte au pied des vestiges du mur d’enceinte au Chavon. Les seules opérations de terrain furent le débroussaillage et le dégagement des structures enfouies dans la végétation (mur des Chaumelles, mur du Censeur). Les mégalithes et agencements de type cultuel sont visibles en surface. Encore un mensonge flagrant, dû à l’ignorance complète de nos travaux.

*** ***

* «La tune : ces gens là font de l’argent sur la vente de bouquins dont la clé d’intérêt est de parler de mystère et de complot. Ils font du fric en faisant visiter des faux sites ou y’a rien et utilisent par ailleurs des associations pour drainer des fonds publics. Et ça fait du fric d’avoir Franck Ferrand comme copain pour faire passer à la radio.»

* «Le problème de la survie de la polémique est d’abord médiatique : le fait est qu’en tout manque d’éthique et de déontologie journalistique, Franck Ferrand donne tribune à une personne dont l’incompétence archéologique n’a d’égale que son obstination à croire le texte supérieur en tout aux travaux de terrain, essentiellement pour tirer un revenu substantiel et publicitaire autour de la vente d’ouvrages de Danielle Porte que Ferrand préface et pour lequel il fait la promotion dans ses émissions.»

            Réponse :

- Erreur manifeste : sur la Supercherie dévoilée Franck Ferrand n’a pu présenter aucune émission, puisque, à lui qui était préfacier, la déontologie journalistique ôtait le droit de promouvoir un livre pour lequel il aurait été juge et partie. Et il l’a respectée.

- Apparemment, C. Salviani n’est pas au courant de ses émissions. Alors, pourquoi le mettre en cause ? A fortiori, dénoncer les «profits substantiels» qu’il put en tirer,  purement imaginaires ?

- Lorsque Franck Ferrand m’a invitée pour parler de mon Vercingétorix, nous nous sommes félicités d’avoir tenu une heure sur le personnage sans avoir prononcé une seule fois le nom de Chaux-des-Crotenay ! Ce fut une gageure et une coquetterie, toutes deux délectables. Mais de promotion de l’Alésia jurassienne, point n’en fut-il question.

«associations… pour drainer des fonds publics» :
- Que M. Salviani produise un seul octroi de fonds publics destinés à des prospections, et même de subvention de fonctionnement de la part des pouvoirs locaux jurassiens aux organismes présidés par Danielle Porte !


2. insinuations

* «Tout le monde voit dans sa petite colline du Jura une Alésia…»

* «Las de tout ce zbeul (?) agité par Berthier»… «pour confirmer définitivement ce que certains critiquent encore par obstination (ou par mauvaise foi ? Ou par fierté régionale ?)»

            Réponse :

- Petite colline ? Le Mont Auxois bourguignon taille 97 ha, la hauteur qui porte Chaux en compte 1000. Et en face de la «taupinière» qu’est Alise, la «très grande altitude» du mont jurassien clôt la question au premier regard.

- Les trois-quarts des défenseurs de Chaux ne sont pas jurassiens (les principaux, chercheurs et responsables d’écrits sur la question - André Berthier, André Wartelle, Jacques Berger, Danielle Porte, Bernard Gay, Éric de Vaulx, René Marchand, Yannick Jaouen, François Chambon,  etc. - ne sont jurassiens en aucune façon) ; et beaucoup de supporters de la thèse sont bourguignons…
                                  
- L’exposition 2016 à Château-Chalon, a été réalisée par Annie Simon (Savoie), Jean Simon (Dauphiné) et Danielle Porte (Dauphiné) avec le concours d’illustrateurs : Guillaume Lopez (Anjou), Pierre-Jean Bardin (Bourgogne), François Chambon (Lyon), Catherine Hémery (Normandie), Louise et Diane Meurice (Lille)…

*** ***

* «des gens dépassés par l’évolution de l’archéologie professionnelle au XXe siècle, qui sont restés enfermés dans des pratiques historiques d’un autre âge.»

            Réponse :

- On en connaît d’autres, des «dépassés» ! par exemple… C. Salviani, lorsqu’il écrit : «alors même que les Mandubiens (occupants de l’oppidum d’Alésia) sont des Séquanes, certes, mais de l’ouest, pas dans le Jura, en somme.»
Est-il possible qu’à notre époque il existe encore des historiens adeptes de la théorie de Carcopino et de ses Séquanes de l’Ouest ? Même les Alisiens y ont renoncé. Car cet éminent historien, (il le fait souvent), «oublie» une précision capitale, (tout comme les Alisiens «oublient» la plaine encastrée entre des collines ou le grand fossé distant de 400 pieds)
Les Séquanes sont définis en effet comme l’a démontré René Martin, Professeur à Paris III-Sorbonne, par la précision : «qui sont situés en face de l’Italie» (César). Or, Alise est une ville bourguignonne, et la Bourgogne ne se trouve pas précisément en face de l’Italie !
Carcopino voulait concilier une Alésia-Alise et une Alésia-chez-les-Séquanes (car il traduisait correctement le fameux in Sequanos). Il édifia donc une explication très bien ficelée supposant des Séquanes ayant émigré autour d’Alise... Mais au prix d’une petite escroquerie textuelle.
            Eh ! oui, cela sert aussi à détecter les tricheries, l’étude des textes…

- Mes collègues universitaires ont grandement apprécié  de se voir reléguer au rang de fossiles condamnés aux «pratiques historiques d’un autre âge». Malgré cette outrecuidance, l’archéologie restera toujours l’humble servante de la philologie et ses pratiques, reposant forcément sur l’examen de documents et de textes anciens, ne peuvent changer et ne changeront pas… heureusement.

- Car les objets, doit-on le préciser ? voyagent… Trouve-t-on, c’est d’ailleurs le cas, une pièce de Vercingétorix à Arras, cela signifierait-il qu’il y fut assiégé ?

- Quant à l’ignorance des progrès de l’archéologie professionnelle, on ne saurait nous la reprocher, puisque nous n’avons pas d’autorisation de fouilles ni même de sondages, et, par voie de conséquence, aucune occasion de les mettre en oeuvre. D’autant, je le répète, que la recherche d’Alésia n’est pas du ressort de l’archéologie.

*** ***

* «Tout ceci rejoint le premier problème : un profond refus de prendre en compte les progrès intellectuels et scientifiques énormes de l’archéologie de terrain, de plus en plus professionnalisée, efficace, et raisonnée.»

            Réponse :

… mais qui ne sert à rien pour trouver Alésia. Une fois qu’on sait être au bon endroit pour creuser, d’accord. Mais encore faut-il savoir où est ce bon endroit… ce qui ne peut se déduire que d’une étude raisonnée des données des textes. Après tout, Alaise, Alès, pourquoi pas, si l’on ne se fie qu’à l’onomastique et à l’inscription Alisiia ? (sur laquelle il y aurait beaucoup à écrire, ce que j’ai déjà fait).
Progrès techniques, certes. Intellectuels, j’en suis moins sûre !

- Et toutes les trouvailles de l’archéologie ne valent rien si elles ne corroborent pas les textes antiques grâce auxquels elles peuvent espérer se positionner dans le temps et recevoir, si l’on peut dire, une «carte d’identité».. Or, aucune ne leur correspond, de l’aveu-même de Michel Reddé, qui ne peut tabler, comme tous les historiens d’Alise, que sur un «faisceau d’indices», pas sur une preuve formelle. Alise est, et doit rester, une hypothèse.

-  Prendre pour argent comptant les révélations de l’archéologie, c’est s’exposer à violer le critère absolu, celui du bon sens. Outre qu’on ne  voit pas ce que les prétendues tricheries de César lui auraient rapporté, la mise en carte alisienne de ses précisions démontre à l’évidence combien leur application à Alise bouscule le sens commun :
            Entre (beaucoup d’) autres :
° le fossé en zig-zag est franchement cocasse ;
° l’écart entre les lignes, côté Laumes, est de 100 m là où l’établissement d’un camp exigerait 800 m de côté (Polybe) tandis qu’ailleurs elle est considérable; la contrevallation qui s’articule sur la circonvallation dans le camp du Réa… bizarre !
° les retranchements grimpent sur les collines alentour (forcément, 15 km pour entourer 6 km, il y a de la palissade en trop !) ;
° les mini-camps (de 36 ares à 7,9 ha, pas de quoi loger un tiers de légion) sont en dehors des retranchements censés les protéger, ou bien, sur Flavigny, à cheval sur eux. Là, oui, c’est original ;
° et, surtout, le camp Nord, déjà au nord-ouest, situé au pied du mont Réa, non au sommet. Bien qu’on ait renoncé depuis 1996 à identifier ce camp comme le camp Nord, les reconstitutions actuelles ignorent ce changement et conservent ce  camp, faute de mieux. D'où l'«oubli» de Vercassivellaun, dont le mouvement d'accès au camp Nord occupe tout le § 83 de César, la lutte autour de cet endroit se poursuivant jusqu'au § 86 avec l'escalade des prærupta (abrupts).

*** ***

* «Reddé et Schnurbein prouvent que les fouilles faites sous Napoléon III étaient authentiques, plutôt rigoureuses pour l’époque, de nombreuses armes, des inscriptions aux noms de lieutenants de César sur des balles de frondes, des camps de légionnaires, des trous de loups, des fossés, des remparts, des tours, etc. etc. : tout est publié. Et le débat fut bel et bien clos.»

         Réponse :

° armes : de Hallstatt aux Mérovingiens, parfois neuves et encore emballées (témoignage de Noël Amaudru) ;
° monnaies venues d’Auvergne et achetées par de Saulcy ;
° inscription TLAB ou plutôt LAR sur une balle de fronde trouvée au détecteur, grossièrement moulée au nom d’un simple légat ;
° trous de loup non conformes, ni en nombre, ni en taille ni en disposition, tout comme les rangées de stipites ;
° des fossés non conformes ni en profil ni en profondeur ni en nombre (dont l’un fut gommé de ses cartes par Napoléon III) ;
° un fragment de murus gallicus peu convenable pour une métropole de toute la Celtique et pour les formidables remparts qui doivent remonter bien plus haut dans le temps ;
° des tours espacées de six ou sept distances, jusqu’à 40 voire 60 m là où César en spécifiait 24…
        Des fouilles rigoureuses, en vérité…

Concluons : Bien que «sérieux», C. Salviani a donc négligé de s’informer sur l’histoire exacte de la recherche d’une Alésia séquane et sur ceux qui en ont établi ou qui en promeuvent la théorie. C’est infiniment regrettable pour la solidité de son réquisitoire.
Et très inquiétant pour la crédibilité de ses recherches personnelles…

Mais son emportement aveugle ne sait pas s’arrêter à temps, et il verse dans l’«anathème» dont M. Reddé regrette l’usage chez… ses adversaires.


3. calomnies et insultes

* «… et surtout qui serait suivie d’études spécialistes (sic) et de publications honnêtes. Vexé comme un pou, il crie au complot, et s’en va chouiner dans les jupons d’André Malraux qui cède…»

* «Berthier a «fouillé» jusqu’en 1972, n’a jamais été fichu de produire un rapport de fouilles décent, il a probablement plus endommagé le site qu’autre chose, n’a jamais rien compris à la stratigraphie, ses relevés sont des visions de l’esprit assez cocasses, ce dernier voyant dans des grosses pierres aux formations naturelles des «menhirs zoomorphes», incapable de différencier des édifices médiévaux d’édifices de l’époque républicaine romaine, faisant passer 3 clous de sandales de légionnaires pour la preuve de la présence de plusieurs dizaines de milliers de guerriers (je n’invente rien), incapable d’employer un vocabulaire archéologique adapté, versant dans une emphase presque grotesque (des murs «cyclopéens» comme si on était à Mycènes quoi), voit des temples celtiques en pierre sèche là où il y a en fait des étables ou des murs d’épierrement de champs et des terrasses agricoles modernes.»

* «Et il est inutile de parler de murs «cyclopéens» pour projeter ses fantasmes sur trois cailloux modernes dans un champ, il suffit simplement de savoir fouiller.»

            Réponse :

- La carrière et l’œuvre d’André Berthier font justice des accusations lancées par un apprenti.

- Les recherches en surface ne demandent pas de stratigraphie, puisqu’elles s’effectuent, justement, en surface. Celles d’André Berthier visaient à vérifier la qualité de «métropole religieuse» décernée par Diodore de Sicile à Alésia. Elles sont tout à fait indépendantes des sondages effectués dans les décennies précédentes, qui, eux, demandaient la pratique de l’archéologie.

- Les structures relevées, même naturelles et objet d’adoration par les peuples de la proto-histoire, sont toujours identifiables grâce à des entourages de pierres rapportées, à des agencements constants, à des orientations ou des améliorations faites de main d’homme, toutes interventions qui leur confèrent leur caractère exceptionnel.

- Les dalles, d’environ une tonne chacune, qui constituent l’enceinte, repérée sur 6 km, interdisent l’appellation de «murets agricoles», surtout sur 5 ou 6 m. de hauteur apparente.

- L’édifice «médiéval» du camp Nord fut identifié comme tel après que Ch. Méloche eut remis à la DRAC un rapport qui contredisait ses conclusions précédentes et qui, surtout, «oubliait» l’existence de dépôts rituels, (verreries brisées, os, fragments de métal tordu), de monnaies romaines, d’une clef romaine, d’armes gauloises et romaines, de céramiques romaines ; ainsi que la construction-même du bâtiment, bizarre pour un édifice agricole (deux losanges accolés par la pointe et sans ouverture).

- Curieusement, la Carte Archéologique du Jura fait fi des artefacts romains ou gaulois, et ne retient que la «grange médiévale». Qui se borne à cette lecture est fatalement abusé.

- Beaucoup plus que «trois clous» ; dont les jumeaux sont exposés au musée d’Alise, ainsi que dans l’album de Michel Reddé, et signalés comme clous de sandales romaines.

- Je ne parlerais pas de «tas d’épierrement» devant des constructions systématiquement orientées, comportant des niches sommitales quadrangulaires coiffées de coupoles, et installées sur d’énormes langues de pierre triangulaires orientées elles aussi, flanquées de fours monumentaux enterrés, muraillés, remplis de chaux venue d’os brûlés et renfermant des objets de bronze ou de fer, étudiés par des spécialistes en proto-histoire (voir Annales d’Alésia). Mais il faut, pour savoir apprécier cela, s’intéresser  un peu aux formes primitives de la religiosité.

- Quant à leur interprétation… Si seulement on avait… des textes !!! En cette sorte d’archéologie, l’absence de tout renseignement écrit ou transmis par les âges suivants nous condamne cruellement à n’exercer que la seule conjecture, avec toutes ses limites…

*** ***

polluant ainsi les artisans sincères de la vulgarisation scientifique et leur audience».

                  Réponse :

- Sincères ? À ce sujet, il faut déplorer le mépris complet des Alisiens pour les textes grecs dont certains s’inspirent des Éphémérides de César lui-même, et d’autres de la douzaine d’ouvrages intitulés Guerre des Gaules, ou Histoire de la Gaule, perdus mais dont nous possédons les auteurs et les titres, que nos sources existantes ont sûrement consultés. Dont ceux des officiers de César ou de son secrétaire, ainsi que les livres entiers, disparus, d’Appien et de Tite-Live consacrés à l’année 52.
Je les ai évoqués dans Vercingétorix, p. 78-94.

- Surtout, l’impasse faite sur les précisions que donnent Dion Cassius («César tourna sa marche vers les Lingons» ; «il fut attaqué chez les Séquanes»), Plutarque («Il avait franchi et dépassé la frontière avec les Lingons»), Planude («Il traversait la Séquanie, quand…») Cette convergence formelle est radicalement gommée de leurs préoccupations par les chercheurs alisiens. Tout aussi dommageable, l’élimination de Diodore de Sicile, avec sa «métropole religieuse»… sa «très grande ville, très peuplée»… qui fut «fondée par Hercule»… «libre et autonome jusqu’à César») , et se trouvait  «ceinte d’énormes remparts qui la rendaient inexpugnable»… ; On retrouve ces «énormes remparts qui la rendaient inexpugnable» chez Plutarque, où ils n’ont pas non plus l’honneur d’une citation. Même des textes latins passent à la trappe, comme les «rives abruptes» des deux rivières, chez Florus.

- Et à propos de «sincérité» et de silence, regrettons celui qui omet le dernier combat, au camp Nord, révélateur : on se garde d’évoquer l’escalade des Gaulois par les abrupts ex ascensu temptant, pour atteindre les fortifications des sommets, superiores munitiones, vu que le camp du Réa est en bas de pente. Pourtant, c’est du César. Gêne aussi l’impasse faite sur les monnaies impériales jusqu’au Bas-Empire, ainsi que les traces des quatre incendies d’Alise, qui expliquent la disparité des fortifications, reconnus par J. Le Gall.

*** ***

* « Bref, des charlatans, et des charlatans qui mettent sur un pied d’égalité, sans hiérarchie aucune de l’information scientifique, des fouilles menées depuis 150 ans avec des sites théoriques étant au choix complètement fantaisistes, « potentiels » mais vérifiés comme faux, ou tout simplement en partie fouillés mais incomparables avec la somme des arguments et des découvertes faites à Alise Sainte Reine. »

            Réponse :

- Avec l’argent et les appuis officiels, on peut imposer n’importe quoi… même une ville gallo-romaine, des camps abandonnés les uns après les autres, des fossés de drainage baptisés «fossés militaires», des monnaies usées au bout d’un mois et demi d’existence, des centaines d’armes devenant tout à coup «dépôt rituel», etc.

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* «(André Berthier)… Retraduisant César (à sa sauce)»

* «Cette méthode présente un grand problème méthodologique : au-delà de se baser seulement sur une traduction forcée et volontairement biaisée du texte césarien…»

* «Ces latinistes ont tous des traductions différentes – et peu rigoureuses en fait – du texte de la Guerre des Gaules pour leur faire situer l’Alésia théorique dont ils rêvent là où ils ont décidé qu’elle devait être.»

            Réponse :

- Pour ce qui est des traductions «volontairement biaisées», on peut prendre l’exemple  de celles que pratique Alise :
° des rivières au lieu de deux rivières (puisque Alise en comporte quatre)…
° En largeur pour traduire le in longitudinem (en longueur) trouvaille suffocante de Yann Le Bohec pour que la plaine des Laumes puisse être celle qui s’étend en largeur devant Alésia…
° 400 pas au lieu de 400 pieds pour la distance entre le grand fossé et les retranchements ;
° le surlendemain (altero die) au lieu du lendemain parce que la distance entre Alise et la première plaine envisageable pour avoir été le théâtre du combat de cavalerie est bien trop importante (60 km) pour permettre d’arriver sous Alésia le lendemain. Il n’est d’ailleurs jamais question de ce combat dans les exposés des Alisiens ;

- Et quant à placer Alésia «là où ils ont décidé qu’elle devait être»… n’est-ce pas exactement ce que font les Alisiens ?

*** ***

* «Contrairement à Berthier qui lui était infoutu de publier trois tranchées correctement»…

            Réponse :

- Voir les relevés publiés dans les Annales d’Alésia, suivant les normes requises, et qui reprennent les rapports officiels déposés à la DRAC.

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* «quelques journalistes peu consciencieux qui ont choisi de se servir de cette controverse – sans grand respect pour l’histoire».

            Réponse :

- Le «respect pour l’histoire» serait plutôt à porter au compte des adversaires d’Alise, l’histoire étant transmise d’abord par les textes, dont les Alisiens dénoncent régulièrement les imprécisions, voire les taxent de «mensonges».
Un chercheur digne de ce nom devrait s’interdire ce genre de jugements désobligeants autant qu’infondés. Passons.

*** ***

* «avec la professionnalisation de l’archéologie, ces érudits revendiqués de seconde zone, des amateurs locaux, se sont vus relégués au rang de folklore de village.»

            Réponse :

- Sans vouloir jeter de l’huile sur le feu, je ne vois pas grande différence entre les méthodes pratiquées pour ouvrir la terre aujourd’hui et celles que nous pratiquions dans les années 1980. Nous connaissions déjà (!) le piquetage, le quadrillage, les coupes, les toises, les mires, les mètres en ruban, le papier millimétré, la stratigraphie, la balayette, le seau etc., et même les crayons de couleur !
           
- Nous étions dirigés, en outre par M. Berthier et M. Girard, son assistant en Algérie, ainsi que par Christophe Méloche, passé par la suite dans les services de la DRAC, donc muni de toutes les  compétences voulues…
           
- Accessoirement, l’emploi de «revendiqués» est une faute de français ; il faudrait le remplacer par «étiquetés» ou «catalogués».

- Remarquons aussi que ces progrès inouïs de la recherche archéologique ne permettent toujours pas de dater le métal, autrement que par la comparaison, méthode archaïque et folklorique autant qu’on voudra, en tout cas incontournable. Ce qui explique sans doute l’acharnement frénétique des savants officiels à préserver la date inestimable de 52 av. J.-C. pour Alise sainte-Reine : tous les objets qu’on date, dans toute l’Europe, par comparaison avec ceux qui sortirent de son sol devraient immédiatement perdre leur date. On imagine quel bouleversement universel s’ensuivrait… sans  compter la nécessité de rééditer tous les livres et les revues qui parlèrent d’Alésia = Alise = 52 av. J.-C…

*** ***

* «Une prospection LIDAR (…) (Ça coûte une blinde, les résultats sont souvent merveilleux quand on sait les exploiter) a été payée rubis sur l’ongle par l’association dont elle est la figure de proue. Cette prospection n’a. jamais. été. publiée. Et pourtant, Danielle Porte prétend y voir des tours espacées de 24m.
Et pourtant Danielle Porte prétend que son résultat est incontestable. Mais publiez-le bon sang, qu’on en discute. Donc : il n’y a rien à Chaux des Crotenay de publié qui soit de nature à pouvoir contester archéologiquement un site documenté tel que celui d’Alise. Il n’y a rien à Chaux des Crotenay qui justifie que Danielle Porte mendie des budgets publics, déjà rares pour les gens sérieux, pour qu’elle puisse fouillotter quelque chose qu’elle ne sait pas comprendre parce qu’elle n’est pas archéologue.»

            Réponse :

- Si l’association a payé le L.I.D.A.R. rubis sur l’ongle, c’est bien que nous n’avons pas bénéficié d’argent public. Oui, ce fut l’association que je présidais jusqu’à 2012 qui paya l’opération, grâce à une contribution volontaire, une quasi-moitié étant avancée par moi et la somme complétée par quatre autres donateurs importants. C'est la recette de la conférence donnée par Franck Ferrand à Champagnole qui permit un remboursement.

- On voit que je suis bien loin de «mendier des fonds publics», puisque c’est moi qui ai largement contribué au financement de la prospection aérienne ; et pour des fouilles que je serais bien en peine de conduire, ni en mesure de réclamer, n’étant pas, justement, archéologue.
J’ajouterai : «et n’ayant nulle intention de le devenir, s’il faut s’abaisser à ce genre d’écrit pour être classé archéologue !»

- Les clichés L.i.D.A.R. du camp Nord et de la plaine, interprétés militairement, ont été affichés à l’exposition de Château-Chalon, dont l’image des tours espacées rigoureusement de 24 m. On en voit deux photos p. 312 et 336 de l’Imposture Alésia 2.

- Si l’on peut nous proposer une revue «scientifique» qui accepte une publication relative à Alésia-Jura, nous sommes preneurs sans hésiter.

- Quant aux interprétations ou «exploitations», ce n’est pas une affaire d’archéologie mais de science de la guerre antique. C’est François Chambon, expert en polémologie bien que n’étant pas universitaire, ayant participé à des fouilles en Belgique et à des reconstitutions de combats, fortifications, armement etc., qui s’en est chargé ; bien plus qualifié pour ce travail que des historiens en chambre ou des archéologues à courte vue, penchés sur leurs microscopes ou leurs pincettes, incapables d’apprécier l’intérêt stratégique des structures par rapport à l’ensemble des mouvements décrits, aussi bien que les détails techniques éclairants (portée des armes de jet, installation des défenses etc.)

*** ***

* «des délobés infoutus de dater trois céramiques dans des tranchées de fouilles. Par ailleurs, les archéologues (les vrais, pas Danielle Porte), ne sont pas idiots.»

            Réponse :

- Pour la datation des céramiques, notamment des amphores, les Alisiens sont très mal placés pour la critique, leurs spécialistes ayant daté les leurs de 30 av. J.-C., et pas de 52 ! (voir la Supercherie dévoilée, p. 289-313).

- Des datations des céramiques furent effectuées en leur temps par MM. Morel, Poplin, et furent consultés MM. Goudineau, Tchernia... 

- Le mot «pas idiots», qui sous-entend que Danielle Porte serait idiote, devra lui aussi être justifié.

*** ***

* «une petite carrière universitaire»

            Réponse :

- 42 ans d’enseignement en Sorbonne, et aux plus grandes classes (CAPES, Agrégation) assortis de directions de travaux et de séminaires, dont la préparation de thèse d’un futur Ministre, une «petite carrière» ?

- concrétisée non pas par les mondanités et présence aux colloques, tables rondes et diverses rencontres (ou «occasions de perdre son temps à plusieurs» comme l’écrit H. de Monaghan), mais par 19 volumes publiés, bientôt 23, 2 en chantier ; 73 articles ou chapitres d’ouvrages collectifs dans de grandes revues, parfois internationales ; 27 comptes-rendus d’ouvrages ; 7 recensions d’éditions … sans compter une dizaine d’invitations à donner des conférences à l'étranger, même à Boston où un décès familial m’empêcha de me rendre ; un séjour à la Fondation Hardt, un à celle d’Augst... Accessoirement, décoration des Arts et Lettres.
Beaucoup de «grandes carrières», surtout actuelles, sont loin du compte !


4. déontologie et méthode

* «… qu’on retrouve au mètre (ou pas) près les structures / formes du paysage sur des alter-sites (optimistes quand n’importe quel étudiant en archéologique sait qu’érosion des structures, évolution des paysages, et réoccupations postérieures ont tendance à modifier la topographie et la conservation des structures)».

- En effet, c’est l’érosion qui a tassé au point où il en est le mont Auxois et rasé ses falaises, tandis qu’elle conservait toute sa hauteur au site jurassien, en même temps qu’elle transformait les «pentes abruptes» des rivières en prairies plates ;

- c’est le recul des collines qui les a écartées de la plaine qu’elles devraient border étroitement ;

- et sûrement un séisme tardif qui a étalé cette plaine en largeur !

- sans compter les alluvions qui ont transformé en deux caniveaux les deux rivières qui avaient empêché César de passer.

- Quant aux structures, les labours et autres travaux agricoles ont probablement réduit le «grand fossé» : de ses 6 m césariens et 3 m napoléoniens (Stoffel), il passe à 1,22 m, profondeur de 67 cm selon les fouilles de 1988… (Voir É. de Vaulx dans la Supercherie  dévoilée, p. 143).
           
- Et c’est à coup sûr le réchauffement de la planète qui a asséché une plaine que V. Pernet jugeait «spongieuse», quand il augmentait le nombre des drainages la veille de la visite de Napoléon III...

*** ***

* «… des philologues, donc des spécialistes exclusifs du texte latin de César, qui n’ont jamais fouillé, qui n’ont jamais suivi d’études d’archéologie stricto sensu, et qui refusent idéologiquement d’admettre qu’un texte puisse être contredit par une fouille archéologique.»

            Réponse :

- Il n’est nullement nécessaire d’être expert en archéologie pour analyser un texte d’histoire, et les latinistes ont tout de même le droit – sinon le devoir – de s’intéresser au contenu des textes qu’ils traduisent ; étant, de ce fait, bien plus armés que les archéologues pour en comprendre et en exploiter le sens.

- Un archéologue qui substitue les résultats de ses fouilles aux données du général qui ordonna les travaux en 52 av. J.-C. scie tranquillement sa propre branche.

*** ***

* «Berthier s’est drapé pendant presque 50 ans dans la conviction sincère – mais furieusement erronée – d’avoir trouvé quelque chose, alors qu’il ne voulait simplement pas admettre que cette fois, le texte n’était pas la vérité absolue».

            Réponse :

- «cette fois» : donc, le reste du temps, c’est bien le texte qui fait la loi avant que l’archéologie ne creuse son premier trou ? Alésia-Alise serait donc la seule entorse qui infirme cette vérité générale ? Deux poids deux mesures et sur le seul sujet d’Alésia… curieux !

*** ***

* «le texte ne dit pas tout, d’une part, d’autre part, il dit parfois volontairement autre chose, ou mieux, il dit parfois des choses dans un but spécifique, que l’archéologie peut tendre à prouver comme étant une déformation.»

            Réponse :

«dans un but spécifique, que l’archéologie peut tendre à prouver comme étant une déformation».
- À travers le charabia, on peut comprendre que l’archéologie rectifierait les erreurs du texte ? Mais sur quels critères, hormis le postulat que l’archéologie possède la vérité absolue ? Si le texte ne l’a pas, l’archéologie ne peut y préten-dre non plus ; car le texte peut être validé par les réalités du terrain, tandis qu’affirmer l’authenticité du terrain sans la caution du texte est et reste de l’affirmation gratuite, étayée par du vide.

*** ***

* «– à partir du texte de César pris dans son sens littéral absolu, sans le contextualiser ni le pondérer – et qui par magie tombe sur Chaux des-Crotenay / Syam et BADABOUM tout est faux depuis le début.»

            Réponse :

- «Pondérer» : en fonction de quoi ? Pas des autres textes, qui ne le permettent en aucun endroit, mais des idées préconçues nées dans les esprits surchauffés des partisans d’Alise, et donc… partisanes.

- «Par magie» : César aurait donc décrit le site d’Alésia-Chaux sans le connaître, ainsi que les péripéties du siège…, et parlé de Chaux en croyant parler d’Alise ? Curieuse aberration mentale…

*** ***

* (Dion Cassius) «la phrase reste d’une grammaire simple qui n’entre pas en désaccord avec sa correspondante dans le texte de César».

            Réponse :

- La phrase «il fut arrêté chez les Séquanes» lève l’équivoque présente dans celle de César (due à l’accusatif de mouvement) en établissant, grâce au datif grec usité pour le lieu où l’on est, que le combat et le siège eurent lieu en Séquanie. Le texte est corroboré par ceux de Plutarque et de Planude («il traversa la Séquanie»).

- L’emploi du datif grec pour indiquer le lieu où l’on est ne souffrant pas d’équivoque, s’il corrobore le texte de César, c’est bien que l’auteur admet que le in Sequanos de César invite lui aussi à placer Alésia en Séquanie ?

- Les auteurs autres que César sont postérieurs au de Bello Gallico ? Certes. Mais c’est oublier qu’il existait bon nombre d’autres sources, disparues mais disponibles de leur temps, qu’ils ont pu consulter et dont nous avons les titres et les auteurs. En premier lieu, de César lui-même, les Éphémérides, encore lues à l’époque de Servius le Grammairien (= sous Théodose, IVe siècle ap. J.-C.) qui racontent la guerre «au jour le jour», et les écrivains autres que César mais de son temps (cf. supra).

*** ***

* «Ces partisans viennent foutre le bordel sur Wikipédia, générant des articles daubés sur Berthier, le décrivant comme le génie incompris, générant des pages dantesques de discussions absurdes…»

* «sur Wikipédia… en récupérant le contenu desdits blogs pour les copier-coller sur l’encyclopédie pour donner une pseudo-apparence de scientificité à tout ça.»

                  Réponse :

- Les arguments que vous exposez ici ne sont-ils pas un copier-coller de ceux que développe le site internet que vous évoquez vous- même ?      

- Sur Wikipedia, les ajouts corrigeant des allégations fausses ou rétablissant des vérités disparaissent systématiquement dans le quart d’heure (à raison de trois fois par jour : j’ai essayé, on ne peut pas). L’anonymat de ce site autorise toutes les interventions malhonnêtes et toutes les lâchetés.

- Quant à la «scientificité» de Wikipedia ! C. Salviani écrit lui-même «j’ai décidé de faire un peu de ménage sur Wikipédia.»
Du ménage à sens unique, bien sûr ! Décision dictatoriale, objectivité non garantie.

*** ***

* «la défaite de leur pratique dépassée des sources face aux fouilles modernes.»

            Réponse :

- Espérons que les vrais archéologues consentent tout de même à lire encore, au moins un peu, les textes, même si la mort de l'enseignement du latin et du grec ouvre un vaste champ à la pratique du n’importe quoi.

*** ***

* «Ils considèrent que c’est aux fouilleurs d’Alise de prouver et d’admettre que c’est ailleurs. Mais bordel peut-on imaginer plus con ? Les gens qui cherchent correctement n’ont pas à donner leur temps, leur énergie, et leur argent (trois choses rares dans la recherche) pour s’essouffler à convaincre».

            Réponse :

- Phrase incohérente. Rétablissons :  «De prouver que c’est chez eux ou d’admettre que c’est ailleurs» : on ne demande pas aux Alisiens de prouver qu’Alésia est ailleurs, ce qui serait du sadisme. On demande simplement qu’ils aient le courage de confronter leurs arguments avec les données antiques sans torturer les textes ou les ignorer, et en respectant les évidences dictées par le bon sens, les exigences militaires etc. Est-ce chercher «correctement» que d’imposer un site qui contredit toutes ces données ?

- On demande simplement aussi qu’ils aient l’honnêteté de s’informer d’abord avant de rejeter d’emblée et en bloc les autres sites qu’ils ne se sont pas même donné la peine d’envisager.

- Les Anti (sans s si possible)-Alise ne jugent pas indigne d’eux de défendre leur site. J’en suis au 5e ouvrage sur la question, après ceux d’A. Berthier, de R. Potier et de J. Berger. Et ce n’est pas fini. Que les Alisiens condescendent au moins une fois à répondre aux objections que les défenseurs d’un autre site – et César ! - leur  opposent…

*** ***

* (C’est) «enfin à qui ira de sa randonnée payante avec 50 touristes argentés pour leur montrer ce qu’ils veulent voire (sic) : ici le camp de Labiénus, ici le camp de l’armée de secours, ici là où Vercingétorix, premier des français a versé sa larme en se rendant.»

            Réponse :

- J’ai toujours fait visiter le site et les vestiges sans demander un centime et jamais à 50 personnes à la fois.

- Au moins, nos camps ne disparaissent-ils pas, comme ceux de la plaine des Laumes ; n’émigrent-ils pas comme celui du Réa passant sur Bussy, selon J. Harmand, ce qui oblige à déplacer le camp de Labiénus… Et notre camp Nord est bien au nord !

- Quant aux structures que nous considérons comme cultuelles, on les voit sans peine sur le terrain, tandis que les fameux temples dits «gaulois» d’Alise sont enfouis, paraît-il, sous les fondations des édifices gallo-romains… Là, oui, on demande à voir (sans e) et l’on ne voit rien.


*** ***

En conclusion :

Ce pamphlet, que je préfère ne pas caractériser, porte atteinte à l’honorabilité et aux travaux de personnes qui ont fait leurs preuves dans le domaine de la recherche.

Il procède par insultes
(«charlatans»…
«infoutus»…
«pseudo-historiens»…
«foutent le bordel»…
«délobés»…
«globalement merdique»…)
et par mensonges
(«archéologue auto-proclamé»…
«pas archéologue pour deux sous»…
«n’ont jamais publié»…
«mené des recherches sans permis de fouilles»… «études payées par le CNRS»…
«prospections sur l’oppidum»…
«associations pour drainer des fonds publics»… «mendie des fonds publics»…
«profits substantiels grâce aux émissions sur le livre de Danielle Porte»).

Éloquent florilège !

Il crée une confusion entre histoire et archéologie, ce qui lui permet d’accuser Danielle Porte, latiniste et historienne, de prétentions archéologiques qu’elle n’a jamais eues ni revendiquées.

Il établit un amalgame entre plusieurs associations qui défendent l’Alésia jurassienne, ce qui lui permet de créditer Danielle Porte d’opérations qu’elle n’a jamais ni effectuées, ni réclamées, ni approuvées, ni cautionnées.

Qu’on critique les défenseurs d’une autre Alésia qu’Alise, mais au moins en vérifiant ses informations !

            La « délobée » de service,    
            Danielle Porte. »

******

Une bonne chose de faite !

Il nous resterait à passer au manifeste 2 ainsi qu’à la pétition ; mais chaque chose en son temps. Et il faut digérer déjà la prose de l’un… avant de dégringoler de Charybde en Scylla pour déguster celle des autres.

Et là… Préparez vos nerfs, ils vont en voir de rudes !

À tout bientôt, comme on dit en jurassien,

                                                                                                       © Danielle Porte

                      



        







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